Peut-on diagnostiquer un personnage public (sans l’avoir en thérapie) ?

De nombreux propos et agissement de l’actuel Président des États-Unis sont d’une telle violence que cela pousse certains cliniciens à vouloir porter publiquement un diagnostic sur cette personne. Aussi tentant que cela puisse être, il me semble important de ne pas utiliser la psychanalyse à cet effet.

En effet, si l’utilisation des diagnostics pose déjà certains problèmes avec les personnes avec qui nous travaillons, tant le diagnostic a tendance à enfermer les gens et à être compris comme un pronostic, il devient encore plus étrange de poser un avis sur une personne dont nous n’avons d’information qu’en tant que personnage public. Il serait narcissique, grandiose, immature. Tout cela est tout à fait possible. Chacun est libre de le penser. Mais poser un diagnostic publiquement en tant que clinicien c’est oublier que dans l’espace sécurisé d’une thérapie, patients et thérapeutes sont confrontés tous les jours à la subtilité de la psyché, que nous sommes remplies de conflits, de contradictions, de compensations, que nous sommes souvent en lutte contre nous-même, etc. Tout cela ne peut pas être entendu lorsque l’on entend uniquement une parole publique qui réagit à des contraintes internes qui nous sont inconnues.

Cela n’excuse rien des comportements de l’actuel Président des États-Unis, mais si les thérapeutes commencent à produire des analyses sauvages à propos de personnages publics, combien de temps faudra-t-il attendre pour que leurs patients commencent à avoir peur qu’on les juge, qu’on les condamne sans les connaître, comme le personnage public l’a été.

 

https://www.theguardian.com/science/head-quarters/2017/jul/28/the-goldwater-rule-why-commenting-on-mental-health-from-a-distance-is-unhelpful

Le Pape François parle de son expérience avec la psychanalyse

Vous l’avez peut-être vu ailleurs, mais c’est suffisamment rare pour être souligné : le Pape François a fait part dans un entretien de son expérience avec la psychanalyse, qu’il a été en thérapie et que cela l’a aidé. Quand on sait que ce Pape est originaire d’Argentine, pays où l’on pratique la psychanalyse probablement le plus au monde, on n’est pas surpris qu’il connaisse la psychanalyse, mais qu’il en parle en tant que représentant d’une religion me semble très intéressant. En effet, si la psychanalyse n’est assignée à aucune religion, bien pratiquée elle n’est aussi contre aucune.

Bonne lecture

http://nypost.com/2017/09/01/pope-francis-saw-a-jewish-psychoanalyst-to-clarify-some-things/

 

Souffrance mise en image

Je trouve ces illustrations très intéressantes en ce qu’elles capturent quelque chose d’un rapport à soi dans certains moments de souffrance. Si illustrer la souffrance ne doit pas en faire quelque chose de caricaturale ou de figé tant une illustration ne peut pas tout dire de la souffrance ou de ce que vit une personne, cela peut permettre de se sentir reconnu dans une part importante de son expérience. C’est souvent à partir de là que l’on peut commencer un mouvement de transformation intérieure.

http://www.demotivateur.fr/article/avec-son-oeuvre-archiatric-federico-babina-illustre-les-maladies-comme-des-architectures-9082